SUD OUEST, Lundi 02 juillet 2008

FESTIVAL D’ART LYRIQUE
Le metteur en scène Olivier TOUSIS annonce un «retour à la partition» pour les trois représentations de Carmen, à SOUSTONS

Un mythe dans les arènes



«C ’est plus qu’un opéra. C’est un mythe». Le metteur en scène landais Olivier TOUSIS, également fondateur de ce festival, s’attaque à une œuvre dont la réalité historique est différente de l’imagerie populaire. De La CALLAS à Julia MIGENES-JOHNSON ou encore «La» CRESPIN, les interprètes célèbres sont légion.

«C’est un personnage étrange à distribuer. Depuis trente ans, la personnalité de Carmen a pris le pas sur la définition vocale. J’estime cependant que c’est d’abord une tessiture. Ce sera un retour à la partition ».
Les deux premiers actes du livret de BIZET sont traités sous forme d’opérette avant de tomber ensuite dans le drame. Une entame qui ne correspond pas à celle écrite par Prosper MÉRIMÉE. Certains personnages du musicien deviennent «bouffes» quand ceux de l’écrivain sont «quasiment tragiques». Le Carmen de BIZET a il est vrai été crée à l’Opéra comique de PARIS. Et pour plaire à ce public, la tragédie a été allégée. «Le torero d’opérette Escamillo et Micaëlla la jeune fille amoureuse de Don José, ont été rajoutés, les rôles des contrebandiers dédramatisés». Ces allégements n’enlèvent rien à la gravité de l’œuvre.

«Humaine et ordinaire». Quant à la musique, «c’est presque une symphonie». Elle sera placée lors de ce festival sous la direction de Brice MARTIN, l’actuel chef d’orchestre de l’ensemble de cuivres et percussions de l’Orchestre National de BORDEAUX AQUITAINE.
Carmen, ce sont quatre personnages à la psychologie très complexe à définir. Les multiples versions jouées n’aident guère à la cerner.
Le Chœur de l’Opéra des LANDES, placé sous la direction de Daniel GRATALON, aura tout son rôle dans la pièce. «Carmen, ce sont des chansons mais pas vraiment des airs», avance Olivier TOUSIS. «Chacun peut s’inventer sa Carmen: poissarde, froide, amoureuse, bohémienne... Je n’ai pas voulu d’une Carmen vulgaire mais plutôt humaine et ordinaire».

Des trois heures de spectacle, seule une minute est consacrée à la rencontre amoureuse. Le personnage pourrait se laisser emporter par ses passions. «Et ça se finit par un meurtre. Le drame final n’est pas une fatalité. C’est presque anecdotique».
Quant au toréador, «il n’est pas une invention de BIZET. Ce type d’emploi existait dans les arènes».
Les arènes soustonnaises serviront de cadre avec un décor très épuré et une acoustique qu’Olivier TOUSIS qualifie de «naturellement bonne». «On joue dans les arènes pour supprimer le théâtre et les effets scéniques».
La scénographie forme un lien entre l’Espagne contemporaine et celle de 1875 avec uniquement 200 costumes d’époque.
«Ce ne sera pas la Carmen traditionnelle jouée dans les années 60», prévient le metteur en scène.

Jean-Marc FLIPO

SUD OUEST 02/07/08.




Jeudi 10 juillet, samedi 12 et lundi 14. 21 heures. Arènes (Repli salle Roger Hanin en cas d’intempéries).
Tarifs : de 15 à 35 euros. Réservations : Office tourisme (05 58 41 52 62).