FESTIVAL D’ART LYRIQUE
Le metteur en scène Olivier TOUSIS annonce un «retour à la partition» pour les trois représentations de Carmen, à SOUSTONS
Un mythe dans les arènes
«C ’est plus qu’un opéra. C’est un mythe». Le metteur en scène landais Olivier TOUSIS, également fondateur de ce festival, s’attaque à une œuvre dont la réalité historique est différente de l’imagerie populaire. De La CALLAS à Julia MIGENES-JOHNSON ou encore «La» CRESPIN, les interprètes célèbres sont légion.
«C’est un personnage étrange à
distribuer. Depuis trente ans, la personnalité de Carmen a
pris le pas sur la définition vocale. J’estime cependant
que c’est d’abord une tessiture. Ce sera un retour à la
partition ».
Les deux premiers actes du livret de BIZET sont traités
sous forme d’opérette avant de tomber ensuite dans le
drame. Une entame qui ne correspond pas à celle écrite par
Prosper MÉRIMÉE. Certains personnages du musicien
deviennent «bouffes» quand ceux de l’écrivain sont
«quasiment tragiques». Le Carmen de BIZET a il est vrai été
crée à l’Opéra comique de PARIS. Et pour plaire à ce
public, la tragédie a été allégée. «Le torero d’opérette
Escamillo et Micaëlla la jeune fille amoureuse de Don José,
ont été rajoutés, les rôles des contrebandiers
dédramatisés». Ces allégements n’enlèvent rien à la gravité
de l’œuvre.
«Humaine et ordinaire». Quant à
la musique, «c’est presque une symphonie». Elle sera placée
lors de ce festival sous la direction de Brice MARTIN,
l’actuel chef d’orchestre de l’ensemble de cuivres et
percussions de l’Orchestre National de BORDEAUX AQUITAINE.
Carmen, ce sont quatre personnages à la psychologie très
complexe à définir. Les multiples versions jouées n’aident
guère à la cerner.
Le Chœur de l’Opéra des LANDES, placé sous la direction de
Daniel GRATALON, aura tout son rôle dans la pièce. «Carmen,
ce sont des chansons mais pas vraiment des airs», avance
Olivier TOUSIS. «Chacun peut s’inventer sa Carmen:
poissarde, froide, amoureuse, bohémienne... Je n’ai pas
voulu d’une Carmen vulgaire mais plutôt humaine et
ordinaire».
Des trois heures de spectacle, seule une
minute est consacrée à la rencontre amoureuse. Le
personnage pourrait se laisser emporter par ses passions.
«Et ça se finit par un meurtre. Le drame final n’est pas
une fatalité. C’est presque anecdotique».
Quant au toréador, «il n’est pas une invention de
BIZET. Ce type d’emploi existait dans les arènes».
Les arènes soustonnaises serviront de cadre avec un décor
très épuré et une acoustique qu’Olivier TOUSIS qualifie de
«naturellement bonne». «On joue dans les arènes pour
supprimer le théâtre et les effets scéniques».
La scénographie forme un lien entre l’Espagne contemporaine
et celle de 1875 avec uniquement 200 costumes d’époque.
«Ce ne sera pas la Carmen traditionnelle jouée dans les
années 60», prévient le metteur en scène.
Jean-Marc FLIPO
SUD OUEST 02/07/08.
Jeudi 10 juillet, samedi 12 et lundi 14. 21 heures. Arènes (Repli salle Roger Hanin en cas d’intempéries).
Tarifs : de 15 à 35 euros. Réservations : Office tourisme (05 58 41 52 62).
