Christel LINDSTAT a comblé d'aise

le Festival «Musique en son écrin»


(SAINT-PAUL-TROIS-CHATEAUX)

Rompu aux grands airs du répertoire, défendus par nos divas internationales et repris par une copieuse discographie, tout mélomane averti craint la comparaison avec une voix ignorée du show-biz qui prévaut aussi dans le bel canto.
Or, Christel LINDSTAT, contralto magnifique (Médailles d’or du Conservatoire d’AIX-EN-PROVENCE), illustre tout à fait cette frange, où, trop discrètement mais sûrement, cheminent des voix tout aussi captivantes.
Encore une fois, nous pouvions faire confiance au directeur artistique, Lionel de BIMARD, qui sortait de derrière ses fagots, un sacré phénomène!
Vêtue d’une robe argentée, la chanteuse scintille. Elle ose un panachage vocal qui n’est pas à la portée de la première venue. Dotée d’une tessiture généreuse, Christel LINDSTAT voit large. Au prix de quelques ajustements tonals, elle puise indifféremment chez PONCHIELLI (La Gioconda), GLUCK (Orfeo ed Eurydice), ou LEHÁR (La Veuve Joyeuse).
Enchaîne impétueusement avec De FALLA (mélodies) ou BIZET (Carmen), saute puissamment du coq à l’âne avec WAGNER (Das Rheingold), vire coquettement de bord chez MESSAGER (L’Amour Masqué), remet à plein la gomme avec VERDI (Il Trovatore) ou PUCCINI (Suor Angelica), entrecoupés d’un ineffable FAURÉ (Les Berceaux). Elle renoue avec BIZET (Près des remparts de SEVILLE) puis conclut avec trois bis dont MOZART (Mon cœur soupire).
«J’aborde plusieurs genres afin de toucher un large public mais je me sens surtout proche de WAGNER ou PUCCINI», nous confiera l’artiste en coulisses. «Nous discutons ensemble de l’opportunité de tel ou tel autre morceau», ajoutera Estelle SAUVAGE, excellente accompagnatrice.
Une belle complicité lie la chanteuse et la pianiste, qui contribuent aux soirées fastes de l’Hôtel de Bimard.


Jean PAVILLET,

La Provence, Août 2004.